Je vais être vache. On sait que les clients habituels de la Poste, ceux qui vont y faire autre chose qu'acheter des timbres et chercher des recommandés (ceux là n'ayant pas le choix), ne sont pas forcément issus des catégories favorisées et donc n'ont pas forcément fait des grandes études (les deux n'étant pas toujours lié, certes).
Et bien apparemment, les employés de la Poste ça serait pareil. Mais pour autant, faut-il les considérer comme des nunuches ? Apparemment oui, à en croire la vidéo de la Poste, sur la sensibilisation à l'usage des réseaux sociaux, à destination de ses postiers. Elle est mignonne, synthétique, mais disons qu'elle s'adresse soit à des jeunes qui viennent de commencer leur carrière à la Poste, soit à des personnes peu à même de réfléchir seules. Le ton utilisé, le type d'humour, le contenu, tout est archi simplifié. Même le nom de la société servant au cas pratique dans la vidéo est grotesque : la Thompanie. Jeu de mots incroyable quand même. La Poste a voulu sensibiliser par cette vidéo et un guide envoyé à ses 240 000 postiers. Le message global consiste à leur dire attention à ce que vous diffusez sur le web, et particulièrement les médias sociaux. Attention à ne pas diffuser d'informations sur votre société, ou sur les clients, attention aux types de propos, au contenu, vous aurez bien plus de répercussions que vous n'imaginez. Car oui, les postiers utilisent les médias sociaux, soit à titre personnel soit à titre professionnel. Et donc la Poste a voulu les "former".
Ce que je retiendrai de ce message, c'est surtout qu'il est bien dit clairement : usage personnel ou professionnel. On rejoint là les discussions sur la séparation vie privée/vie publique, qui ont fait dire à beaucoup de personnes au début des réseaux sociaux, qu'il fallait séparer. Or c'est difficile sur le web, la preuve. Même la Poste s'en rend compte. Le web est une place publique, que l'on s'exprime en son nom ou celui de sa société. Donc il faut être prudent. De plus en plus on assiste à des sensibilisations des collaborateurs de grands groupes sur l'usage des médias sociaux, sous des formes diverses, réalisées par les directions de ces groupes. Comment réagit un collaborateur qui se voit ainsi "dicter" des règles concernant son utilisation personnelle d'internet ? Je ne sais pas. En tout cas, la même chose n'existe pas dans les PME. Faut-il le regretter ?
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